Culture

Balades urbaines : découvrez Garches

Publié le 26 Jan 2026

Envie de (re)découvrir Garches ? La Ville vous invite à partir en balade à travers la commune ! Choisissez votre parcours, à pied ou à vélo et explorer les environs accompagnés des cartes à télécharger ci-dessous.

Sur votre parcours, laissez-vous surprendre par les bâtiments remarquables, sur la thématique de la santé, qui jalonnent votre chemin. 

N°1 – Laboratoire Debat

François Debat (1882-1956) est issu d’une famille modeste d’Angoulême. Il fait ses études à Bordeaux puis monte à Paris avec sa famille et obtient un diplôme de pharmacien et de médecin. Il s’installe comme dermatologue, Place Victor Hugo à Paris. C’est pendant la première Guerre Mondiale que sa carrière prend un tournant. En effet, il crée le premier centre de derma­tologie aux armées et communique à l’Académie de Médecine des recom­mandations à propos des engelures. Après la guerre, il fonde ses labora­toires dans de modestes locaux à Neuilly-sur-Seine et met au point diverses pommades.

Les laboratoires Debat et leur parcs, 20e siècle, carte postale, archives municipales, 1Fi37

Peut-être, est-ce lié à ses ori­gines modestes, mais il est un patron social et engagé. Il est convaincu que la réussite de son entreprise repose sur l’épa­nouissement de ses employés. À Garches, il va construire son la­boratoire, modèle à tous les ni­veaux. Il acquiert en 1929 des par­celles de terrains où se trouvent une cheminée de briqueterie en ruine et une décharge publique et entreprend de créer une sorte d’Eden industriel. Les six hec­tares sont peu à peu transfor­més en parc à partir des années 1930, puis entre 1939 et 1956, il ac­quiert les parcelles voisines pour réaliser des habitations pour ses ouvriers.

Son idée est la suivante : un dé­cor reposant permet à ceux qui y travaillent d’être heureux et du personnel heureux est du per­sonnel efficace. Comme d’autres constructions à Garches, tout est l’histoire d’une rencontre. Ici, celle d’un chef d’entreprise, d’un architecte et d’un artiste : il confie à René Crevel (1892- 1971) la construction de cette ci­tée-ouvrière.

René Crevel est un artiste prolifique, un décorateur et un ar­chitecte qui a appor­té sa contribution à la naissance et au dé­veloppement du style Art Déco dans l’entre-deux-guerres. Il met au point plusieurs pro­grammes de maisons types, car il manifeste en faveur de la mai­son individuelle, en opposition aux grands ensembles qui com­mencent à se construire alors. Il reproche également l’uniformisation des lotissements sans âme. Il considère l’architecture comme une discipline de création au service des besoins et du bien-être de tout-à-chacun.

La vision de l’architecture de René Crevel rentre en corrélation avec la volon­té sociale du Dr. Debat. Il construit alors ce pe­tit village sur le modèle des cités jardins : dans un écrin de verdure, on y trouve alors une vingtaine de maisons ainsi qu’une salle de spectacle, un jar­din potager, des aires de jeux, une garderie pour les enfants et un terrain de tennis. Les jardins sont ombragés d’arbres re­marquables et élégants, les parterres sont parés de fleurs et dans les mi­roirs d’eau fleurissent des nymphéas.

Les maisons sont des constructions relativement simples : construites en bé­ton, brique et enduit et recouvertes de toits à longs pans, elles proposent un rez-de-chaussée et un étage sous les toits où se décrochent des lucarnes (baies en saillie sur la pente de la toiture). Le décor Art Déco de René Crevel se retrouve sur certains bâtiments comme la salle de spectacle dont les murs extérieurs sont ornés de bas-relief au dessin stylisé.

La seconde rencontre est celle avec un artiste plasticien. François DEBAT prend un charge Clément Serveau (1886-1972), d’abord son patient, ils fi­nissent par se lier d’amitié. Il lui de­mande alors de réaliser des fresques pour embellir sa cité ouvrière. Ces fresques murales ornent aujourd’hui encore les façades des maisons, on reconnait son style marqué par le cubisme, le naturalisme et le réa­lisme.

Cette cité ouvrière a été inscrite en 1971 sur la liste des Monuments Historiques. Les bâtiments ont été conservés mais le site s’est densifié pour accueillir de nouveaux loge­ments. En effet, il s’agit aujourd’hui d’une résidence privée dénommée « Le Cottage ».

N°2 – Domaine des Quatre Vents

Le domaine des Quatre Vents est né dans les années 1920 de la rencontre du baron de Gunzbourg et de l’architecte Lucien Bechmann.

Le premier souhaitait faire construire une belle demeure sur le plateau où eut lieu la bataille de Buzenval en 1871, au milieu d’un vaste terrain de 4 hec­tares. Le second, connu pour ses réalisations modernes, conçut pour lui un vaste cottage à l’anglaise, où le bois est omniprésent, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, où il complète les façades en brique. L’une des particularités de cette demeure est son nombre important de façades : douze !

Domaine des Quatre Vent, vue de six de ses façades, photographie, 1970, archives municipales de Garches.

La demeure comprenait alors, en dehors de la maison principale de 500m2, un bâtiment des communs avec le logement du personnel, les remises à autos, la salle des appareils, ainsi qu’une ferme.

Dès son installation en 1925, le baron de Gunzbourg disposait de tout le confort moderne : chauffage central dans toutes les pièces sauf au rez-de-chaussée où il est placé directement au sol, éclairage électrique, ventila­tion performante, équipement anti-incendie…

C’est en 1972 que le Conseil Municipal fait l’acquisition des Quatre Vents. A cette période, la Ville est en plein développement démographique et il est nécessaire qu’elle se dote d’équipements sociaux, culturels et sportifs adap­tés. À l’époque, le domaine de 14 820 m2 comprenant la grande maison, un garage et un tennis est vendu à la Municipalité au prix de 2 700 000 francs. Il devait servir à créer un centre aéré, un foyer pour personnes âgées, un centre d’activités socio-culturelles et des installations annexes pour spor­tifs. Le Conseil Municipal souhaitait aussi y installer par la suite divers équi­pements extérieurs : piscine, équipements sportifs, aires de stationnement…

Le Conservatoire de Garches s’y est installé en octobre 1974, et le succès est immédiat : 500 élèves répartis en 11 classes. L’accueil de loisirs est ensuite ouvert au printemps 1976.

Le domaine est également lié depuis 1985 au Prix Maurice Genevoix, en hommage à l’écrivain qui se rendait régulièrement à Garches visiter sa fa­mille et qui s’était lié d’amitié avec Yves Bodin, Maire de l’époque. Le Prix, récompensant chaque année un ouvrage littéraire qui honore le souvenir et l’oeuvre de Maurice Genevoix, est décerné au domaine des Quatre Vents.

Le domaine accueille ainsi aujourd’hui, outre le conservatoire municipal de Garches et l’accueil de loisirs, une crèche, ainsi que diverses réunions ou manifestations, aussi bien publiques que privées.

N°3 – Hôtel de Ville

Installé en 1928 dans le « château Civiale », l’Hôtel de Ville s’agrandit en 1986 avec la réalisation d’une extension dans l’enfilade du premier bâtiment.

Le château Civiale est à l’origine une maison de maître, acquise par le Dr. Jean Civiale (1792-1867), dont le domaine s’étendait sur 15 hectares jusqu’à la gare de Garches qui n’existait pas encore.

Le parcours du Dr Civiale est très surprenant. Né dans une ferme Auvergnate, sans diplôme mais grâce à son ambition et sa grande adresse, il s’est fait un nom dans la médecine du 19e siècle. Il a inventé la « pince Civiale » qui permettait de soigner la gravelle* sans passer par une opération, très dangereuse. Il reçut deux prix de médecine et la reconnaissance du milieu hospitalier par l’attribution d’un poste de professeur à l’hôpital Necker où il créa le service d’urologie. Son achat à Garches s’explique par les sources d’eau de la Ville qui étaient réputées pour soigner les maladies urologiques.

Château Civiale, vue de la façade aujourd’hui intégrée à l’extension, carte postale, début 20e siècle, archives municipales de Garches, 1Fi290.

En 1871, la propriété est détruite lors de la bataille de Buzenval, le fils du Dr Civiale, devenu propriétaire, fait reconstruire le château dans le style Napoléon III.

Dès 1884, le fils Civiale vend le domaine à la société BLOCQ. Celle-ci morcelle la parcelle et crée de nouvelles voies. En 1894, une convention est signée entre la commune de Garches et la société BLOCQ, qui s’engage à lui vendre le château pour en faire la nouvelle Mairie et les écoles.

Le Conseil Municipal fait marche arrière à la suite d’une protestation populaire. Les habitants de Garches y voyaient une dépense inutile. En 1905, le château Civiale devient alors une pension de famille, puis un pensionnat de jeunes filles dès 1907.

C’est finalement en 1926 que la Ville acquiert le château Civiale. Après deux années de travaux la nouvelle Mairie est inaugurée. En plus du corps de maison principal qui accueillait alors les principaux services administratifs ainsi que des logements de fonction, il existait dans le parc de la Mairie plusieurs dépendances dont une tour et une buanderie.

La Ville de Garches gagne en nombre d’habitants et ses services administratifs grossissent, ainsi dès les années 1950 le château Civiale devient trop petit. Plusieurs solutions provisoires sont mises en place notamment l’installation de préfabriqués dans le parc de la Mairie.

Finalement, en 1982, le Conseil Municipal décide l’extension du bâtiment initial. Un concours d’architecte est alors lancé remporté par Mme Pottier et Rechsteiner. La mise en fonctionnement de l’extension a lieu le 17 juin 1986.

Les architectes ont conçu « une œuvre globale » : outre les plans, ils ont également réalisé les dessins du carrelage, de la porte monumentale de la salle du Conseil et le grand lustre qui éclaire le hall. Il y a une volonté de continuité dans ce projet, avec une extension qui ne marque pas de rupture franche avec l’architecture ancienne du château Civiale. L’antagonisme est tout de même assumé par quelques éléments, repris de l’ancienne Mairie mais modernisés dans l’extension : le lustre résolument moderne du hall dialogue avec l’ancien se trouvant sous le balcon du château Civiale ; ou encore la grande verrière du hall est un clin d’œil au dôme de verre qui en couvre l’escalier d’honneur de la partie ancienne de la mairie.

L’extension se singularise par son décor confié à Charles Gianferrari (1921-2010). Cet artiste est célèbre pour ses mosaïques, à Garches nous lui devons le graphisme des sols qui amène le visiteur du hall d’entrée à la Salle du Conseil Municipal. Il a également participé au choix de sa porte monumentale qui semble se réapproprier les lignes du carrelage. Enfin, le visiteur entre dans la Salle du Conseil et découvre une tapisserie ornant le mur de gauche, ses motifs géométriques animent la salle de tons bleu, vert, rouge et jaunes. Cette tapisserie, élément central du décor, a aussi été réalisée par M. Gianferrari.

N°4 – Sources de Garches

Avant l’arrivée de l’eau courante au sein des foyers, au moins deux sources zébraient le territoire de Garches et permettaient aux habitants de boire ou de laver leurs vêtements. S’il est difficile d’identifier avec précision tous leurs lieux d’écoulements, nous savons que la source dite « des Croissants » alimentait les installations du Petit Garches et notamment le lavoir principal de la ville auprès duquel se situait le blanchisseur. Une autre source alimentait quant à elle le centre-ville : la rue de la tuilerie (aujourd’hui rue de l’abreuvoir) comptait une fontaine et un abreuvoir.

Plan du tracé des conduites des sources menant au lavoir du lieudit de la Mare, détail, sans date, Archives municipales de Garches.

A partir du XVIIIe siècle, il semble que Garches devienne réputée pour ses sources auxquelles on prêtait des vertus médicinales. Si ce fait n’est pas accrédité par les documents conservés aux Archives municipales, deux évènements ont pu renforcer cette réputation.

Le premier est l’acquisition d’une maison de maître au milieu du XIXe siècle par Jean Civiale, docteur spécialisé en pathologies des voies urinaires. Considéré comme le père de la lithotritie dont il est l’un des spécialistes français, il inaugure l’utilisation du lithotriteur sur le vivant en 1823.  La lithotritie est une technique permettant d’éliminer par broiement et sans intervention chirurgicale les calculs rénaux qui étaient depuis l’antiquité traités par la cystotomie, une incision de la paroi vésicale. La maison achetée par le docteur est à proximité immédiate des sources de Garches, puisqu’il s’agit de l’actuel hôtel de ville, une position certainement stratégique pour le médecin qui devait souhaiter profiter de ces eaux réputées soigner les maladies urologiques.

Le second est la présence récurrente de Napoléon III au château de Villeneuve-l’Étang qui se situait sur le territoire actuel de Marnes-la-Coquette. Bien qu’aucune source primaire n’indique l’utilisation par l’empereur des eaux de Garches pour leurs effets thérapeutiques, ses souffrances liées à la « maladie de la pierre » et la proximité de son château avec le territoire d’élection du spécialiste de la lithotritie pourraient permettre de supposer un traitement thermal.

Bien que les installations liées aux sources de la ville aient aujourd’hui disparues, les Garchois ont conservé durant tout le XXe siècle l’idée tenace d’eaux particulièrement bénéfiques pour la santé.

N°5 – Fondation Davaine

Maison construite entre 1870 et 1880 pour Casimir Davaine (1812-1882), biologiste, précurseur de Pasteur. Léguée en 1891 par sa veuve à l’Assistance Publique pour y créer un centre de convalescence pour jeunes filles, cette demeure à l’architecture d’époque Napoléon III* est une des dernières maisons de ce style sur la commune (avec la mairie, le château du docteur Civiale ainsi que le pavillon de la Dauphine et la clinique du Château).

Fondation Casimir Davaine vue de la façade sud, carte postale, sans date, Archives municipales de Garches

Elle domine un magnifique parc à l’anglaise avec sa rocaille et sa « rivière » végétale qui fait penser aux buttes Chaumont, création de l’ingénieur Adolphe Alphand, sur le thème des Jardins Londoniens. Cet hôtel particulier est indissociable de son parc pour garder sa cohérence. Construit tel un belvédère** en hauteur avec sa tour percée de fenêtres hautes, tout comme un observatoire. On peut également apercevoir une deuxième bâtisse, comme une annexe, dans un style architecturale différent : une maison à décor céramique.

Style Napoléon III : Le style Napoléon III était un style d’architecture et d’arts décoratifs très éclectique, qui utilisait des éléments de différents styles historiques, et qui utilisait aussi de manière innovante des matériaux modernes, tels que des cadres en fer et des lucarnes en verre. Le style a été décrit par Émile Zola, non un admirateur de l’Empire, comme “l’enfant bâtard opulent de tous les styles.”

Il a prospéré sous le règne de l’empereur Napoléon III en France (1852-1871) et a eu une influence importante sur l’architecture et la décoration dans le reste de l’Europe et aux États-Unis. L’Opéra Garnier de Paris par Charles Garnier (1862-1871), la Bibliothèque Nationale de France en est un exemple marquant.

** Belvédère : Voir maison 2 du parcours au 4 avenue de Brétigny.

N°6 – Hôpital Raymond Poincaré

Le site est composé de trois établissements distincts placés sous une direction unique : l’hospice Brézin, la Fondation Casimir Davaine et l’hôpital Raymond Poincaré.

L’hospice Brézin doit son nom à Michel Brézin, né en 1758 à Paris, qui fait fortune par son travail de serrurier mécanicien. A sa mort, son legs à l’Administration des Hospices Civils de Paris (1801-1848) doit notamment permettre à fonder un hospice dit « de la Reconnaissance » en faveur des ouvriers qui « l’avaient aidé à augmenter sa fortune ».

En 1833, une « commission Brézin » se met en place afin d’œuvrer à la construction de cet hospice. Celui-ci ouvre ses portes en 1837. Y est alors admis tout ouvrier travaillant le fer, la fonte de fer ou le cuivre et présentant des infirmités liées à l’exercice de sa profession.

Vue aérienne de l’hôpital, carte postale, sans date, Archives municipales de Garches

Pendant la guerre de 1870, l’hospice sert de refuge aux compagnies militaires prussiennes et certains soldats y furent soignés afin de protéger le bâtiment contre les velléités allemandes d’en faire une forteresse.

La fondation Casimir Davaine est fondée en souvenir du médecin éponyme, précurseur de la microbiologie et dont les travaux sur la fièvre charbonneuse ouvrent la voie à un traitement curatif de la maladie. Il soigne les troupes françaises lors de la guerre de 1870 et décide de s’installer à Garches. A sa mort, sa femme décide de léguer leur maison à l’assistance publique pour y créer un centre de convalescence pour jeunes filles âgées de 5 à 12 ans. L’établissement ouvre en 1898 et est confiée aux sœurs de Saint-Vincent de Paul. En 1964, il change d’orientation pour devenir un foyer hébergement pour le personnel hospitalier. 

Le premier projet de fondation d’un hôpital date de 1928. Il se confirme l’année suivante avec le programme d’édification par l’assistance publique d’un établissement tourné vers les maladies chroniques. Il est inauguré le 14 décembre 1936 et prend le nom de Raymond Poincaré, président de la France pendant la Première Guerre mondiale. Il est réquisitionné par l’armée allemande en 1944 : les malades sont alors transférés à l’hôpital de Suresnes et seuls les pensionnaires de l’hospice Brézin sont autorisés à rester sur place. L’hospice cesse de fonctionner en 1946, ses locaux étant progressivement annexés par l’hôpital.

En 1947, l’hôpital s’oriente vers la prise en charge des séquelles de la poliomyélite. De nombreuses nouvelles unités sont créées dans les années suivantes : une unité de soins traumatologiques d’urgence et d’orthopédie (1956), un service de rééducation d’enfants infirmes moteurs cérébraux (1957), un centre de réanimation neuro-respiratoire (1959). Ces spécialisations font encore aujourd’hui la renommée de l’établissement.