Mémoire de la Ville : les objets emblématiques de l'Hôtel de Ville
Derrière ses murs, l’Hôtel de Ville de Garches conserve un patrimoine discret mais profondément symbolique, témoin de l’histoire communale, des valeurs républicaines et des choix architecturaux du XXᵉ siècle. Armoiries, plaques commémoratives, œuvres d’art, éléments décoratifs et représentations de la République racontent, chacun à leur manière, l’évolution de la Ville, de ses institutions et de son identité.
Cet article vous propose de découvrir ces pièces emblématiques, leurs origines, leurs significations et leurs emplacements, pour mieux comprendre comment l’histoire de Garches s’inscrit jusque dans les détails de son hôtel de ville.
Armoiries de la ville
Chronologie : XXe siècle
Les armoiries étaient à l’origine accordés et enregistrés par l’autorité royale. Si la Révolution française abolit les signes de féodalité, les villes retrouvèrent dès le début du XIXe siècle la possibilité d’en obtenir.
L’armoirie de Garches fait référence en son centre à saint Louis, patron de la paroisse de Garches. Les murs de briques symbolisent les briqueteries de la ville. La feuille de vigne figure le passé viticole de Garches, et la feuille de chêne les forêts qui l’entourent.
La seconde armoirie en mosaïque est celle de la ville de Gröbenzell, en Allemagne, avec laquelle Garches est jumelée depuis 1993. Elle représente une barrière douanière, un ruisseau et des roses évoquant son statut de ville fleurie.
Localisation : Salle des mariages.
Plaque des maires de Garches
Chronologie : XXe siècle
Cette plaque de marbre recense les trente-trois maires de la commune de la Révolution à nos jours. Si l’institution communale est définie en 1789 pour accorder aux anciennes communautés de village une existence politique, les prérogatives des maires sont alors strictement encadrées par l’autorité préfectorale. Leurs attributions s’accroissent à mesure de la codification des compétences et du processus de décentralisation menées par les différents régimes républicains, œuvrant à l’élargissement des libertés locales.
Localisation : Entrée des mariages.
Porte monumentale de la salle du Conseil
Chronologie : Années 1980
La porte monumentale du Conseil municipal est réalisée dans la continuité de l’extension de la mairie décidée en 1982 et reprend les dessins du carrelage réalisé par Charles Gianferrari. Mosaïste né en Suisse en 1921 et décédé dans les Yvelines en 2010, Charles Gianferrari réalise des projets d’envergure en France et à l’internationale. Il participe également au choix de la porte du Conseil qui donne une impression de profondeur au hall de la mairie.
Localisation : Hall de l’hôtel de ville.
Tapisserie de la salle du Conseil
Chronologie : Années 1980
La tapisserie ornant la salle du Conseil municipal a été réalisée par Charles Gianferrari, aux commandes du décor de la mairie lors de la réalisation de son extension dans les années 1980. Les motifs géométriques de la tapisserie rappellent fortement le travail de la mosaïque qui constitue l’essentiel de l’œuvre de l’artiste.
Localisation : Salle du Conseil municipal.
Lustre du hall
Chronologie : Années 1980
Le lustre du hall de l’hôtel de ville a été installé dans le cadre du décor proposé par Charles Gianferrari.
Le projet d’extension de la mairie était à l’étude depuis 1967, dans un contexte de fort accroissement urbain et démographique. Mais la municipalité avait préféré donner la priorité aux installations et équipements directement utilisés par le public (crèches, bibliothèques, gymnases, centre culturel…). Le projet d’agrandissement pour les services municipaux est finalement voté en 1982. Le but affiché d’Yves Bodin : faire de l’hôtel de ville un pôle d’attraction plutôt qu’un « bâtiment administratif sans âme », et chercher le beau et l’intégration au site traditionnel. Ce lustre au design résolument moderne s’inscrit dans cette volonté, en dialoguant
Localisation : Hall de l’hôtel de ville.
Bustes de Marianne
Chronologie : inconnue (buste de gauche), 1970 (buste de droite)
Les bustes de Marianne symbolisant la République française sont très courants en mairie bien que non obligatoires.
Les représentations de Marianne sont très nombreuses. Certaines femmes célèbres ont pu prêter leurs traits pour ces bustes, comme Brigitte Bardot (buste de droite), dont la sculpture est réalisée en 1970 par Alain Aslan. Elle porte un bonnet phrygien, symbole de l’affranchissement des esclaves dans l’Antiquité. Ses seins dénudés sont eux une représentation commune de l’émancipation et du pouvoir nourricier. D’autres Mariannes sont anonymes : c’est le cas du buste de la salle des mariages (buste de gauche), représenté avec une couronne de laurier symbolisant l’invincibilité. La couronne est également surmonté d’une étoile, signifiant l’intelligence.
Localisation : Salle des mariages, salle de l’état civil.