Culture

Bicentenaire de la photographie : cartes postales inédites de Garches

Publié le 17 Juin 2026

La Ville de Garches a été immortalisée par la photographie dès la fin du XIXe siècle. Ces premiers clichés ouvrent une fenêtre sur un paysage urbain du passé. La diffusion massive de cartes postales, support privilégié de ces photographies, explique le nombre important de cartes qui ont traversé le temps pour nous parvenir et qui façonnent encore aujourd’hui nos représentations.

À l’occasion du bicentenaire de la photographie (1826/1827 – 2026/2027), découvrez, dans la cartographie ci-dessous, un échantillon des cartes postales de Garches.

L’apparition progressive des cartes postales photographiques

Le milieu du XIXe siècle voit la popularisation de la photographie et l’invention des cartes postales. Toutefois, ce n’est qu’à la fin du siècle que le second médium intègre le premier.

La première carte postale non illustrée aurait circulé en Autriche dès 1869. Cette forme de correspondance entre ensuite dans le droit français en 1872. Elle est alors éditée par l’Etat. Rapidement, des illustrations commencent à orner ces cartes. La carte postale illustrée devient alors la forme dominante en circulation jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Les premières cartes postales photographiques en France sont commercialisées à Marseille en 1891. Mais jusqu’à la fin du siècle, le procédé de reproduction des photographies reste balbutiant. Ce n’est qu’à partir de 1897 qu’il gagne en efficacité et devient moins onéreux, ce qui permet à la production de cartes postales photographiques de dépasser l’illustration.

L’âge d’or de la carte postale (1904-1918)

Jusqu’en 1904, écrire la correspondance au verso avec l’adresse était interdit : il fallait écrire son message du côté de la vue. Cette pratique est notamment visible sur l’une des cartes postales de l’Hôtel de Ville (1Fi297) représentée sur le plan interactif ci-dessous.

En 1904, le verso des cartes est séparé en deux parties pour y écrire à la fois le message et l’adresse. Cette évolution est le reflet de la place grandissante accordée à la photographie. La carte postale devient alors un véritable moyen de communication populaire, qui permet aujourd’hui d’avoir un aperçu inestimable de la vie quotidienne de l’époque. Cet essor repose sur un désir de circulation d’images accru ainsi que sur l’accessibilité économique de la pratique. Les cartes et timbres sont peu onéreux : en effet, la technique photographique permet de reproduire les images facilement et de façon massive. Les timbres sont également moins chers car une carte postale sans enveloppe représentait un poids moindre pour les services postiers.

Les cartes postales photographiques de Garches

A la même époque, les cartes postales de la ville de Garches se multiplient. Si quelques cartes représentant des évènements existent (notamment le discours de Paul Déroulède à la manifestation de Buzenval en 1913), l’écrasante majorité de cette production correspond à des images de lieux ou de monuments.

Ces cartes représentent la vie locale et témoignent de la construction d’une mémoire visuelle commune. Elles documentent le paysage urbain de la ville et ses évolutions.  

D’une simple salutation à quelques nouvelles convenues, en passant par des lettres plus détaillées : le contenu de cette correspondance est très inégal. Il met en avant l’attachement et le caractère interpersonnel de la correspondance, l’expression intime des sentiments, tout en laissant de la place pour l’ordinaire et le quotidien. Les cartes s’adressent avant tout aux amis et à la famille. Elles permettent de communiquer rapidement, notamment pour se donner rendez-vous, à une époque où la possession d’un téléphone n’était pas généralisée.

Il est difficile de dater avec précision les photographies reproduites sur ces cartes. Il peut être en revanche plus aisé de déterminer l’envoi de cette correspondance. Certaines cartes comportent ainsi des dates de rédaction, d’autres des timbres dont la période d’émission peut être identifiée. Par ailleurs, aucune information ne nous est parvenue sur les moyens de distribution et de commercialisation des cartes postales à Garches. L’examen des éditeurs ou des imprimeurs dont la marque est généralement apposée sur ces cartes nous permet cependant de voir qu’elles pouvaient être réalisées dans les Hauts-de-Seine, les Yvelines ou à Paris.

Bibliographie

Fieschi, S. (2010). « Le dernier cri de la carte postale ! » La collection de cartes postales en aluminium de Françoise Valette. Cahiers d’histoire de l’aluminium, 44-45(1), 8a-31a. https://doi.org/10.3917/cha.044.0008a.

Neudin, G. (1999). La valeur de vos cartes postales, Les éditions de l’amateur, Paris.

De Lemos Martins, M., Oliveira, M. et Da Luz Correia, M. (2011). Les images numériques s’imaginent l’archaïque : mettre en perspective les cartes postales. Sociétés, 111(1), 163-177. https://doi.org/10.3917/soc.111.0163.